Les dix meilleures actions à suivre pour intégrer le côté « local » dans l’agenda après 2015

Ceux d’entre nous qui ont l’honneur de travailler contre la pauvreté rurale reconnaissent la vérité du dicton fameux de Tip O’Neill : « Toute politique est locale. » Si vous êtes maman qui porte un bébé au dos et qui voyage à pied, toute structure gouvernementale qui existe à plus de 10 km n’existe pas du tout.

La communauté mondiale, pourtant, n’a donné que très peu d’attention à cette vérité. En 2000, les leaders mondiaux ont crée les Objectifs Millénaires du Développement (les OMD) – des objectifs sur huit ans qui visent à réduire toute forme de pauvreté. Les OMD, qui comprennent l’accès à la scolarité, la bonne nutrition, l’eau propre et l’hygiène, demandent tous une gouvernance locale effective. Et pourtant, très peu a été fait pour « localiser » les OMD.

Maintenant, le monde se concentre sur le développement de nouveaux objectifs ambitieux pour la période 2015 à 2030. Le Secrétaire-Général de l’ONU a lancé un processus de politique qui est le plus inclusif que le monde a vu, et les associations de gouvernement local ont demandé une voix, établissant le Global Task Force qui est dévoué à cette tâche. Le premier objectif est le rapport du High Level Panel, lancé le 30 mai, et son rapport mentionne les autorités locales dix fois.

Le Panel indique : “Les autorités locales forment un pont essential entre les gouvernements nationaux, les communautés et les citoyens…” et “elles ont un rôle crucial dans l’identification de priorités, la mise en œuvre des plans, le suivi des résultats et l’interaction avec les communautés et les entreprises locales. ”

Mon organisation, The Hunger Project, se concentre sur les régions rurales où vivent la vaste majorité des pauvres du monde. A mon avis, voici les dix meilleures actions à suivre pour la communauté mondiale afin d’assurer que l’agenda après 2015 s’adhère aux principes de « Local d’abord. »

  1. Investir dans la société civile de base. Les femmes, les jeunes et les agriculteurs en général ont besoin d’une voix organisée qui demande les ressources qui ne les atteignent que rarement. Les associations locales sont aussi cruciales pour la mobilisation du « pouvoir du peuple » qui vainc les défis locaux.
  2. Avoir une stratégie de mise en œuvre sérieuse. L’ONU est brillante dans sa connexion avec les individus en créant l’Agenda après 2015. Elle doit être aussi brillante dans l’inclusion des gouvernements locaux. Le gouvernement, le système de l’ONU et la société civile doivent travailler ensemble afin d’assurer que tout conseil de village s’engage avec les objectifs et les plans.
  3. La garantie d’une voix pour les femmes. Aucun pays n’a atteint une représentation significative de femmes dans le gouvernement sans l’établissement de quotas.
  4. La garantie de revenues. Dans les pays où la pauvreté persiste, le gouvernement local dépense parfois seulement deux pourcent des ressources publiques, loin des 20% qui est typique des pays développés, rapporté par le rapport de développement humain de l’ONU en 1993.
  5. La garantie de la transparence et de la responsabilité sociale. Il doit y avoir des mécanismes qui assurent que les gouvernements locaux offrent des forums publics auxquels ils rapportent les informations au peuple et ils écoutent leurs priorités. Beaucoup de gouvernements ont le mandat légal pour les assemblées publiques, mais elles ne sont que rarement tenues.
  6. La dévolution de la livraison de services. Des niveaux de gouvernement supérieurs contrôlent souvent l’éducation et la santé sans une responsabilité locale, dont le résultat est souvent des écoles avec sans instituteur et des cliniques sans infirmier. Le niveau de gouvernement le plus proche de la population doit avoir soit le contrôle direct, soit la supervision des services locaux afin d’assurer la responsabilité auprès des populations locales.
  7. L’investissement dans le renforcement des capacités. Les représentants locaux sont élus, mais ils manquent souvent de l’accès aux informations de base sur comment répondre à leurs responsabilités. Par exemple, si le système de l’ONU pourrait produire un guide, en langage simple, sur l’agenda après 2015 qui vise les gouvernements locaux, il serait bien reçu.
  8. La localisation des objectifs. Les communautés doivent savoir s’ils font du progrès. Les objectifs basés sur la mortalité maternelle ne sont pas significatifs statistiquement au niveau local. Le cadre après 2015 doit créer des objectifs significatifs, tels que les visites prénatales et des naissances assistées, qui peuvent être liés directement à la sensibilisation locale, le changement de comportement, et l’action.
  9. Les données agrégées sont beaucoup mieux que désagrégées. Le High-Level Panel lance l’appel pour une “révolution de données” et pour les données de progrès désagrégées. Avec l’accès quasi-universel à la technologie portable, les données pour après-2015 doivent être universellement et directement ramassées localement à des points de service, et agrégés, au lieu de les baser seulement sur des sondages au niveau du ménage.
  10. Faciliter le planning et la budgétisation du bas en haut. Le gouvernement local doit être capable de faire un planning à long-terme avec de multiples partenaires, et beaucoup manque la capacité. Le Brésil, le Kerala et d’autres régions ont utilisé une échelle augmentée afin de mobiliser des facilitateurs pour le processus de planning effectif, et tout gouvernement local doit avoir accès à ce genre d’appui.

Une autre critique des objectifs OMD « atteindre la moitié » est que les pays se sont adressés à la moitié la plus facile du défi. Les populations les plus isolées et les plus pauvres ont été laissées en arrière.

Ces femmes et ces hommes ne sont pas le problème ; ils sont la solution. Si les étapes décrites ci-dessous avaient été suivies, leurs capacités, leur travail et leur intelligence créative auraient pu être libérés dans une accélération rapide de progrès. Les gens ont le droit au développement, et la gouvernance participative locale est le seul moyen d’assurer ce droit.

A propos de l’auteur

John Coonrod est le Vice Président Exécutif de The Hunger Project, où il est responsable pour les recherches, le plaidoyer et les programmes en Asie du Sud et Amérique Latine. Il travaille également sur tout aspect de stratégie, y compris les programmes, la collecte de fonds et les communications, et il est basé à Washington, DC. Il est un porte-parole éminent pour l’organisation, et il est expert dans le développement axé sur le genre et la gouvernance locale décentralisée. John est le co-président du groupe Agriculture et Sécurité Alimentaire de Interaction, et il est aussi conseiller et membre du conseil d’administration de plusieurs ONG internationales émergentes.

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